La vie est la plus belle chose qui existe, soyez-en persuadés!

La vie est la plus belle chose qui existe, soyez-en persuadés!
Combien de fois vous est-il arrivée de vous plaindre pour un oui ou pour un non?
Combien de fois avez-vous versé une petite larme pour quelque chose qui n'en valait pas vraiment la peine?
Combien de fois avez-vous pensé que la vie était injuste?
Combien de fois avez-vous pensé que la vie était une belle merde?








Des centaines de fois, et surement même des milliers!





________Mais regardons un peu les chose en face, le vie est la plus belle chose qui existe.
________Pour des gens comme vous et moi, la vie est un long fleuve tranquille...
________Mais pour certaines personnes comme Lyssa, la vie est un combat perpétuel.
________Parce qu'eux, ils auraient pu tout abandonner mais eux, ils continuent à se battre avec _______;pour seule arme:







L'ESPOIR.






Ps: Pour cette nouvelle histoire, je vais essayer de
faire des montages à peu près potables, bisous
Alice

# Posté le dimanche 13 avril 2008 09:39

Modifié le mardi 15 avril 2008 12:43

+*1*+

+*1*+
La jeune fille était en état de concentration maximum. Dans une minute, ça allait être elle. Une minute, une minuscule minute. C'était dans cette minute qu'elle devrait montrer ce qu'elle savait faire, tout ce qu'elle avait appris au cours de ces dernières années, au prix de nombreux efforts.
Son c½ur
battait à tout rompre dans sa poitrine. Elle ne cessait de se répéter dans sa tête les moindres éléments et détails de son mouvement. Il ne fallait pas qu'elle en oublie un seul, la moindre erreur pouvait lui être fatale. Si elle ratait aujourd'hui, son avenir était compromis. Si elle ratait aujourd'hui, elle ne savait ce qu'allait devenir sa vie. Beaucoup de gens comptaient sur elle. Son entraîneur, ses parents, ses amis.
La je
une fille qui passait avant elle se débrouillait pas mal, même très bien. Elle avait placé la barre très haut et elle ne savait pas si elle allait être à la hauteur. Ses diagonales étaient parfaites, ses acrobaties, ses sauts ainsi que sa chorégraphie étaient nets, précis, presque parfaits.
Lyssa respira un bon coup. Elle ne devait pas se focaliser sur ses adversaires, son entraîneur lui avait déjà répété un bon nombre de fois mais elle ne pouvait pas s'en empêcher, c'était plus fort qu'elle.
Elle
détourna le regard et ferma les yeux. Elle s'accroupit et prit sa tête dans ses mains. Concentration. Elle n'avait le droit à l'erreur, pas cette fois-ci.
Elle ne
savait pas combien de temps il lui restait. Quelques secondes ? Dix ? Elle n'en savait rien. Elle était hors du temps, dans une bulle à part.
Une voix
au haut-parleur la tira enfin de cette bulle, mettant fin à des attentes qui lui paraissaient interminables et qui réveilla en elle une rage de vaincre qu'elle n'avait jamais connue auparavant.

« -
Mademoiselle Lyssa Adriala. »


La
jeune fille se releva. Une foule l'applaudissait même si la moitié de celle-ci ne la connaissait pas. Le c½ur de la jeune fille s'emballait de plus en plus, il allait lui transpercer la poitrine si il continuait comme ça.
La jeune fille s'avança sur le praticable. Une fois au milieu de celui-ci, elle se retourna face aux juges et les salua d'un mouvement de bras gracieux. Elle alla se placer ensuite à un bout de celui-ci, en grand écart, un bras levé.
Les seconde
s qui la séparaient du début de sa musique furent les plus longues de toute sa vie. Mais quand les premières notes de celle-ci commencèrent, la jeune fille se sentit transportée dans un autre monde, un monde qu'elle connaissait par c½ur et qu'elle adorait.

Elle exécu
tait inconsciemment ses figures avec grâce et évoluait parfaitement sur ce tapis qui rebondissait sous ses pieds. La sensation qu'elle éprouvait à ce moment précis ne pouvait être connue que d'elle, elle avait l'impression de voler, d'être libre, d'avoir enfin de contrôle d'elle-même.
Elle t
ournait, prenait appui et se lançait dans les acrobaties plus complexes les unes que les autres sans s'en rendre vraiment compte, allait et venait à travers tout le praticable.
Elle ne se
rendait même plus compte que des centaines d'yeux étaient tournées vers elle dont huit en particulier, très attentifs.

Les quat
re juges la regardaient d'un ½il expert. Il n'y avait pas de doutes, cette petite irait loin dans le milieu. Elle avait la technique, la grâce, la souplesse et les muscles nécessaires. Restait à savoir si elle aurait le moral. Elle était jeune. Elle avait atteint l'âge où on se posait des questions, où on était fragile mentalement.
Mais
d'un point de vue technique, elle était incontestablement l'une des meilleurs.

L
a jeune fille arriva à un bout du praticable et se plaça au départ d'une diagonale. Sa dernière diagonale. Son ultime défi. Après celle-ci, le plus dur était passé, elle se sentirait soulagée.
Tout
le début de son mouvement s'était bien passé, il n'y avait donc pas de raison pour que cela ne continue pas. Elle se sentait remplie d'une joie et d'un optimisme sans limite. Elle commençait à y croire. Croire qu'elle allait peut être pouvoir enfin toucher son rêve.
E
lle regarda cette diagonale. Elle devait faire environ une vingtaine de mètres. Elle allait les parcourir en quelques secondes et ça serait finit.
Elle
se concentra aussi fort que son cerveau lui permettait. Puis s'élança enfin.
Ell
e courut sur quelques mètres aussi vite que possible et attaqua enfin. Après quelques acrobaties pour prendre son élan, elle s'élança enfin.
Elle lança
ses bras en l'air et son corps suivit. En tournant plusieurs fois sur elle-même, elle laissa toute l'adrénaline et la vitesse qu'elle avait accumulées jusque ici s'emparer d'elle pour l'aider à réaliser ce qu'elle voulait. Et ça marchait, elle le sentait. Elle avait la sensation que sa figure était assez haute et assez bien réussite.
El
le allait maintenant attaquer la réception, moment crucial pour une figure. Une figure sans une fin parfaite peut devenir tout de suite beaucoup moins valorisante.
La jeune fille voulut plier les jambes afin de bien stabiliser son arrivée mais trop tard.
Qu
and ses jambes percutèrent le sol à une vitesse encore très importante, elles étaient encore tendues. Erreur fatale. Le choc ne se fit pas attendre.
Se
s genoux tendus à l'extrême ne supportèrent pas la collision avec le sol et se brisèrent. La jeune fille entendit juste un crac. Un cri lui échappa et les larmes lui montrent violemment aux yeux.

« - Lyssa Adriala semble s'être fait mal, que les médecins interviennent immédiatement. »

La j
eune fille n'en pouvait plus, la douleur était horrible.
L
es larmes lui brouillaient la vue et elle voyait que des silhouettes se diriger rapidement vers elle et bientôt se pencher vers elle. Les médecins lui parlaient, lui posaient des questions mais elle ne les entendait pas, la douleur occupait tout son esprit.
Un médecin
apparemment lui toucha l'un des genoux pour l'examiner. La jeune fille ne pu le supporter. Un cri perçant de douleur s'échappa violemment de sa bouche. Et puis, plus rien.

Le
trou noir.

# Posté le dimanche 13 avril 2008 09:40

Modifié le mardi 15 avril 2008 12:43

+*2*+

+*2*+
Lentement, la jeune fille ouvrit un ½il, puis l'autre. Une lumière claire et perçante l'aveugla aussitôt et elle referma les yeux. Elle mit un certain temps pour s'habituer à cette lumière inconnue, si blanche, si pure.
Ell
e rouvrit les yeux une deuxième fois. Cette fois, elle arriva à garder les yeux ouverts. Mais elle ne connaissait pas la pièce où elle se trouvait. Tout était si blanc.
La cha
mbre ne contenait pas grand-chose à part son lit, une petite table posée dans un coin ainsi qu'une chaise, toute aussi blanche.
La
jeune fille voulut se relever un peu sur son lit afin de se mettre en position assise. Elle prit appui sur ses mains mais quand elle tenta de se redresser, un cri de douleur lui échappa et ses bras glissèrent sous elle.
La
jeune fille se rappela soudain. La compétition, son mouvement parfait et... cette chute. S'était le seul moment dont elle ne se souvenait pas dans le détail. Elle se rappelait juste la sensation éprouvée juste avant et cette douleur.... Jamais elle n'avait eu aussi mal, jamais.
Mais maintenant elle ne sentait plus du tout le bas de ses jambes. Elle tenta de bouger les doigts de pieds mais s'était comme si l'information s'arrêtait en cours de route. Et son haut du corps la faisait affreusement souffrir. Tout son dos était engourdit et dès qu'elle tentait de bouger d'un millimètre la tête, une douleur aigue se faisait sentir.
Elle ne com
prenait rien, mais alors rien du tout.
Soudain,
un homme d'environ une trentaine d'années entra dans la pièce. Lui aussi était vêtu que de blanc et la regardait avec un air interrogateur.

« - Mademoiselle, vous êtes avec moi ?
- Oui,
oui, bien sûr.
- Bien.
Si ça ne vous ennuie pas, je vais faire quelques examens. »

L'homme s
e dirigea donc vers elle, une seringue à la main. Lyssa avait toujours eu peur de ces instruments et tenta de se reculer jusqu'à se que la douleur revint et qu'un nouveau cri sortit de sa bouche.

« - Ca ne va pas mademoiselle ?
- Non,
pas du tout. Vous pouvez m'expliquer ce qu'il se passe ? »

Le médeci
n soupira.

« - Désolé, commença-t-il. Je ne suis que son assistant, je connais pas les détails de votre cas mais il semblerait que se soit assez moche. »

La jeun
e fille avala durement sa salive et sentit son c½ur se serrer. Que voulait-il dire par là ? Certes, la douleur était forte et très désagréable mais cela ne pouvait pas être si grave que ça.

« - Moche comment ? Ce n'est pas si grave, non ?
- Made
moiselle, vous avez au moins les deux genoux brisés et il semble qu'il n'y ait pas que ça, je pense qu'il ne faut pas trop que vous vous fassiez de faux espoirs.
- E
t le médecin, quand est-ce que je pourrais le voir ?
- Il
est sur un opération chirurgicale en ce moment, je suis venu dès que je vous ait attendu crier. Il est prévenu, il viendra dès qu'il aura finit.
- D'acco
rd.
- Bon,
je vais vous faire quelques examens simples pour commencer à évaluer votre état.
-
Euh docteur...
- Oui ?
- Allez-y doucement s'il vous plait.
- Je vais
essayer. »


L
e docteur tint parole. Il fit doucement et la jeune fille eut le moins mal qu'il était possible d'avoir dans son cas. L'assistant l'aida à s'asseoir, même si la jeune fille fit quelques grimaces de douleur. Ses parents lui avait apparemment amener quelques livres dont elle raffolait.
La lect
ure, monde dans lequel tu peux te plonger et oublier les coups durs de la vie et justement, c'était ce dont elle avait le plus besoin en ce moment. La jeune fille adorait lire. Elle aimait s'échapper de ce monde de temps en temps, oublier le train train de la vie quotidienne et s'évader dans un monde dont elle connaissait tous les mystères et dont elle était l'héroïne, un monde qui était caché là, au fond de son c½ur.
Au bout d'une ou deux heures, undecin, plus vieux cette fois fit son apparition dans la chambre de Lyssa. Lui aussi était tout blanc. La jeune fille commençait à en avoir marre de tout ce blanc, ça donnait à cet endroit un air fade, presque triste. Ors, l'hôpital était déjà un lieu triste en soi, inutile d'en rajouter d'avantage.

« - Bonjour mademoiselle, je suis le docteur MacFicher, c'est moi vous suis.
- Qu'est
-ce que j'ai ?
demanda-t-elle précipitamment.
- Vous semblez bien hâtive...
-
Docteur, je ne sens plus mes jambes et j'ai mal partout dans le haut du corps alors, oui, je suis pressée de savoir ce que j'ai !
- V
ous ne voulez pas attendre vos parents ? Ils pourront vous épauler...
-
Non, je veux savoir, s'il vous plait,
l'implora-t-elle.
- Bien, c'est comme vous voudrez. »

Le m
édecin marqua une pause, comme si il choisissait sas mots pour lui annoncer la nouvelle. Lyssa, qui n'était pas une jeune fille patiente de nature était dans un état de suréxitation. Elle avait très envie et en même temps très peur de savoir ce qu'elle avait. Elle espérait de tout son c½ur que ce n'était pas grave. Elle espérait que se ne soit que quelques fractures qui allaient se réparées avec le temps et des efforts.

« - Alors docteur ? demanda-t-elle de plus en plus anxieuse.
- Et bien, malheureusement pour vous, il n'y a pas que vos genoux qui ont souffert. Tous vos os du bassin sont soit abîmés, soit cassés, d'où la douleur de votre haut du corps. Vos genoux sont eux brisés ainsi que quelques autres os de la jambe dont...
- Doct
eur, s'il vous plait, allez droit au but, quelles sont les conséquences ?
- C'est
moche mademoiselle. Je crains que vous ne passiez le reste de votre vie dans un fauteuil roulant, au mieux.
- Mais il
y a quand même une petite chance non ?
- Madem
oiselle, je sais que mon métier est de redonner de l'espoir à mes patients mais là, il est tellement petit que je ne préfère pas vous donnez de faux espoirs.
- Il n
'y a vraiment aucune chance ?
demanda-t-elle alors que les larmes commençaient à lui monter à nouveau aux yeux.
- Ne comptez pas là-dessus, lui répondit-il, d'un ton désolé. »

Les larmes
lui brouillèrent alors la vue. Une seconde fois, sa vie basculait mais cette fois, malheureusement, il n'y avait plus d'espoir.

# Posté le dimanche 13 avril 2008 09:42

Modifié le mardi 15 avril 2008 12:44

+*3*+

+*3*+
Le doux et chaleureux soleil de juillet commençait à pointer timidement le bout de son nez à travers les rideaux de la chambre de Lyssa.
Les vacances
d'été commençaient aujourd'hui mais pour la jeune fille, ces vacances allaient sans doute être les pires qu'elle n'ait jamais passées. Comme tous les matins depuis maintenant un mois et demi, une infirmière arriva à neuf heures et demi, ouvrit les rideaux et lui apporta le petit-déjeuner.
Quand
les rideaux furent ouverts, Lyssa ferma les yeux quelques secondes pour apprécier pleinement la chaleur des rayons de soleil qui perçaient à travers la vitre. Cette sensation de chaleur était la seule satisfaction des longues journées qu'elle passait ici à rien faire.
L'infirmière lui posa son pl
ateau sur sa table et lui fit un sourire chaleureux mais que la jeune fille prenait pour un sourire de pitié.

« - Bonjour mademoiselle, comment allez-vous ?
- Aussi bien que possible,
comme tous les matins,
répondit-elle avec un ton maussade.
- Le docteur va passer vous voir tout à l'heure, peut être pour vous apporter des bonnes nouvelles, tenta-t-elle de la dérider.
- J'en doute.
- Il faut toujours esp
érer.
- Quand j'étais petite, j'espér
ais que le père Noël viendrait me parler, alors l'espoir...
- Je suis déso
lée, je vais devoir y aller. Bon appétit Lyssa.
- Merci. »


L'infirmière t
ourna alors les talons et sortit de la chambre de Lyssa, la laissant seule avec ses sombres pensées.
La jeune fi
lle attaqua son petit-déjeuner mais sans faim, comme presque tous les matins depuis un mois et demi. Depuis cet accident, Lyssa, qui avait toujours été une jeune fille pleine de vie et d'ambition se renfermait sur elle-même, n'était que l'ombre d'elle-même. Elle ne parlait plus, ou du moins, le moins que possible, niant et refoulant la gentillesse des gens qui l'entouraient et qui tentaient de l'aider.
S
a famille se faisait du souci pour elle. Elle s'en rendait compte mais s'en fichait. Ils ne comprenaient pas ce qu'elle avait à traverser, ils ne pouvaient pas comprendre ou ne serait-ce qu'essayer d'imaginer quelques secondes la douleur physique et psychologique qu'elle supportait jours après jours. Quand ils venaient la voir, elle restait silencieuse, bien que ses parents lui apportaient toutes sorte de livres et essayaient de lui faire la conversation pour la distraire, la jeune fille préférait s'enterrer dans un silence.
Ses parents commençaient
à désespérer. Ils avaient tellement placé d'espoirs en elle. Elle, qui n'avait jamais été très forte pendant sa scolarité, elle avait trouvé une discipline qu'elle adorait pour s'en sortir. Grâce à la gym, elle avait pu obtenir une bourse pour les sports études et commencer à se construire un avenir. Mais cette chute avait tout gâché. Et dès qu'ils essayaient de parler de l'avenir avec leur fille, elle leur demandait de quitter sa chambre et de la laisser tranquille.
Le médecin
fit irruption dans la chambre, les parents de Lyssa sur les talons.

« - Bonjour Lyssa, lui dirent-ils, presque tous ensemble.
- Bonjour, répondit-elle doucement.
- Comment tu vas ma chérie, lui demanda sa mère en lui embrassant le front.
- Bien, bien, lui répondit-elle évasivement.
- Mademoiselle, vous devriez commencer la rééducation si vous voulez être un minimum prête pour votre rentrée, intervint le médecin. »

L'énervement commençait à
gagner la jeune fille. Cela faisait une ou deux semaines déjà qu'il lui parlait de rééducation mais elle n'en avait aucune envie. A quoi bon si c'était pour rester le reste de sa vie le cul collé sur un fauteuil roulant ? A rien. De toute façon, elle ne pensait pas retourner au lycée après ça. Elle n'allait quand même pas se pointer en fauteuil roulant dans une école de sport étude ! Non, elle allait sûrement retourner dans le lycée de sa ville, la où elle ne connaissait plus personne, mais cela coûtait beaucoup moins cher à ses parents, le seul point positif de l'histoire.

« - Mademoiselle, vous êtes avec nous ? lui demanda le médecin.
- Hein, oui, oui.
- Al
ors, quand est-ce que vous voulez commencer votre rééducation ?
- Jamais,
murmura-t-elle entre ses dents.
- Pardon ? »

La jeune fille le regarda av
ec un regard le plus noir dont elle était capable. Faisait-il semblant de ne pas comprendre ou était-il vraiment idiot ?

« Je vous ai dit que je ne ferait pas de rééducation, reprit-elle calmement.
- Mais mademoiselle...
- MAIS JE VOUS AI DIT QUE JE N'EN FERAIS PAS ! C'EST PAS LA PEINE D'INSITER ! J'EN AI PLUS RIEN À FOUTRE, MA VIE EST FOUTUE DE TOUTE FACON ! CA NE SERT PLUS A RIEN !
- Mademoiselle, je c
omprends ce que vous ressentez mais...
- NON VOUS NE COMPRENEZ RIEN, RIEN
DU TOUT ! VOUS NE POUVEZ PAS COMPRENDRE ! PERSONNE NE LE PEUT !
- Ma chéri
e, calme-toi,
tenta sa mère.
- J'en ai marre, j'en peux plus, hoqueta-t-elle alors que les larmes commençaient à lui brouiller la vue. Je veux pas me battre, ça ne sert plus à rien...
- M
ais ma chérie, tout va bien se passer, tu as encore toute la vie devant toi,
tenta de la rassurer sa mère.
- Non, il n'y avait qu'en gym que je m'en sortais...
- Ne jamais dire jamais. »


Les quatre personnes présentes à ce
moment dans la pièce se retournèrent pour voir une cinquième personne, qui elle se tenait sur le pas de la porte.
Le médecin s'avança vers le jeune
homme, lui serra la main et se retourna vers Lyssa et ses parents.

« - Je vous présente Austin Angel, c'est lui qui va vous aidez pour...
- Mais pu
isque je vous ai dit que je ne veux pas...
- Oui, on m'a prévenu que tu ét
ais têtue.
- Quoi ? Mais... »


La jeu
ne fille ne savait pas quoi dire. Il lui avait bien cloué le bec, pour le coup.
Elle dévisagea ce jeune homme qu
i avait l'air vraiment très déterminé à l'aider. Il s'était appuyé contre la porte et avait un petit sourire au coin des lèvres. Il était grand, oui très très grand ; il dépassait les autres de presque une tête. Ses cheveux lui tombaient machinalement sur les yeux, qui lui donnaient un air un peu de laisser aller mais il ne faisait pas négligé non plus.

« - Austin vient de sortir de ses études de rééducateur. Autant vous dire qu'il va tout faire pour aider Lyssa.
- C'est gent
il à vous,
commença sa mère.
- Si il aime perdre son temps...
- Non, juste
ment j'aime pas du tout ça,
l'interrompit-il avec un sourire.
- Je crois qu'on devrait les laisser tous les deux qu'ils fassent un peu connaissance. Je dois vous parler de quelque chose.
- Et moi, j'ai pas le droit d'être a
u courant ?
les interrompit Lyssa.
- Je dois d'abord parler avec tes parents, lui répondit-il. »

Le médecin sor
tit de la chambre, tout de suite suivit par les parents. Lyssa se retrouva donc seule dans la pièce avec Austin.

« - C'est ça, profitez, barrez-vous, je peux pas vous suivre.
- Mais si
tu te rééduques, tu pourrais peut être. »

La jeune fille releva les yeux
vers Austin. C'est vrai qu'il avait l'air persévérant comme gars ! Il n'allait pas lâcher le morceau comme ça et ça n'allait pas être facile de s'en débarrasser.

« - J'ai vraiment pas envie de me rééduquer, tu perds ton temps.
- Ecoute, tu sais pourquoi j'ai
voulu faire se job ?
- Franchement,
je m'en balan...
- Je vais te le dire
quand même, j'adore raconter ma vie.
- Super, je m'ennuierai pas comme ça.
- Moi aussi j'ai eu un accident.
- S
uper cool mais comme je vous l'ai déjà dit je m'en f... QUOI ?! Qu'est-ce que vous avez dit ?
- Si on commençai
t par se tutoyer, je me sentirais moins vieux.
- Si tu veux. Mais tu as dit
quoi ?
- Que je voulais que tu me tu
toies ?
- Mais non, avant !
- Ah oui
, que moi aussi j'ai du être rééduqué. Et maintenant je marche et je peux faire du sport.
- Vous... avez... été
...
- Tu, c'est mieux...
- Ouais, tu.
Mais, tu n'avais pas des aussi gros problèmes que moi, non ?
- Non, c'étai
t moins grave. Mais je pense que quand on se bat pour quelque chose, on peut l'avoir.
- Je me suis battue pour
la gym...
- Oui mais là, tu ne peux q
ue progresser. Tu ne veux quand même pas rester ta vie clouée dans ce lit ?
- Un lit ou un fauteuil, quelle est
la différence ?
- Arrête de croire qu
e tu ne pourras rien faire ! Tu pourras toujours te déplacer toute seule, okay un peu moins vite qu'une personne normale mais tu pourras être indépendante, vivre.
- Je ne vois pas à qu
oi ça sert, je n'étais douée qu'en gym, le lycée, c'est pas pour moi.
- Tu
devras passer par là mais tu pourras aussi découvrir de nouvelles choses, que tu n'aurais jamais pu faire si tu t'étais concentrée que sur la gym.
-
T'es vraiment bizarre.
- Quoi ?!
- O
n dirait que la vie a toujours roulé pour toi, c'est fou, j'arrive pas à croire que...
- Il faut juste voir les
choses autrement. Voir le positif.
-
C'est un peu dur quand on a mal partout.
- Mais tu peux apprendre.
- Je s
ais pas trop...
- Lit d'hôpital ou li
berté, indépendance ? »

La jeune fil
le regarda Austin dans les yeux. Les siens pétillaient de malice et de joie de vivre. Lyssa avait du mal à l'imaginer, galérant en essayant de se mettre debout. Elle n'arrivait pas à l'imaginer avoir mal ou quoi que se soit, il était tellement souriant.
Elle
avait du mal à s'imaginer elle, souriante dans quelques années. Elle avait peur de l'avenir, elle n'était douée en rien et ça, elle ne pouvait rien y faire.
Mais maintenant qu'elle conna
issait Austin, elle avait envie ; enfin, une toute petite envie d'essayer de revivre.

« - Fauteuil. Mais pour
la liberté et l'indépendance, j'attends de voir.
- Tu ne seras plus déçue,
lui dit-il. »

Il lui sourit et même
pas quelques secondes après, ses parents et le médecin étaient de retour.






La première fois que sa vie a basculé, c'était au moment de sa chute, c'était peut être mal dit....
bisous

# Posté le dimanche 13 avril 2008 09:43

Modifié le dimanche 20 avril 2008 08:26

+*4*+

+*4*+
Le lendemain matin, Lyssa n'eut pas le doux réveil que l'infirmière lui réservait chaque jour. Aujourd'hui, ce fut Austin qui déboula en trombe dans sa chambre. Il tira vivement les rideaux en ouvrit la fenêtre. La jeune fille, surprise par cette entrée fracassante mais aussi très fatiguée retourna sa couette sur son visage. Elle ne la garda pas quelques secondes, Austin, la releva directement. Ce matin, il était souriant, à croire que c'était une habitude chez lui.

« - Debout mademoiselle, une belle journée commence !
- Huuuuuuuuuuuuuuu
um,
répliqua-t-elle en se débattant avec Austin pour tenter de récupérer sa couette.
- Aller, on se lève.
- J
'ai pas envie,
reprit-elle.
- T'as pas faim ? lui demanda-t-il.
- Siiiiiii, s'exclama-t-elle en voyant le plateau qu'Austin tenait maintenant dans les mains.
- Alors vient le chercher. »

Le
jeune homme posa le plateau sur la table à coté de son lit, de sorte à ce que la jeune fille ne puisse l'attraper que assise. Il avait fait exprès ou quoi ?

« - Euh, Austin, je ne peux pas l'attraper là...
- Si, il
faut juste que tu t'asseyes.
- Tu veux pas m'aider ?
-
Non, dit-il d'un ton calme. »


Ces paroles retentirent
comme un gong dans la tête de Lyssa. Pourquoi ne voulait-il pas ? Il avait l'air tellement gentil et serviable. Son visage était toujours bienveillant et son sourire ne l'avait pas quitté.
Il s'assit sur la chaise en face de Lyssa, croisa les bras et attendait patiemment que la jeune fille fasse quelque chose, le regard toujours pétillant.
La jeune f
ille comprit qu'il n'allait pas bouger d'un poil. Son estomac lui manifesta par un grand bruit sa faim. Elle décida donc de faire quelque chose. Pour la deuxième fois qu'elle était dans cet hôpital, la jeune fille posa ses mains derrière son dos et prit appui sur celles-ci. Et pour la deuxième fois, cette douleur si insupportable et si aigue se fit ressentir. La jeune fille tenta de faire abstraction de cette douleur et poussa sur ses bras aussi fort qu'elle put mais elle ne pouvait pas, cette douleur était trop forte. Un cri de douleur s'échappa et la jeune fille retomba sur son lit, les larmes lui montant aux yeux.

« - Je ne peux pas, sanglota-t-elle. C'est trop dur.
- Si tu peux.
- NON JE TE DI
S ! Ca me fait trop mal, je ne peux pas, c'est tout.
-
Dis plutôt que tu ne veux pas. »


La jeune fille rega
rda Austin, les yeux pleins de larmes. Elle avait tellement mal et lui restait là, si paisible, si calme ! Il n'avait pas l'air de mesurer la douleur qu'elle endurait. C'était impossible pour elle de se lever, à chaque fois qu'elle essayait, elle avait l'impression qu'on lui ouvrait le dos en deux avec un couteau. C'était insoutenable. Elle ne pourrait pas vivre avec cette douleur continuelle, elle préférait rester ici. C'était pu être d'un ennui mortelle mais la douleur, elle, était supportable.
Austin se leva.
La jeune fille eut, pendant une seconde l'espoir qu'il avait cédé et qu'il allait lui donner son plateau mais le jeune homme n'en fit rien et s'assit simplement sur le lit de Lyssa, la regardant dans les yeux.

« - Lyssa, il faut que tu te forces un peu, commença-t-il.
- Mais ça me fait trop mal, sanglota-elle.
- Bien sur que ça te fait mal, mais il faut que tu persévères. La douleur s'en ira avec le temps.
- Et après combien de
temps ?
- Tout dépend de to
i, de ta motivation et de ton application.
- Je ne sais
pas si je pourrais.
- Moi
j'en suis sur.
- De quoi ?
demanda-t-elle étonnée.
- Que tu y arriveras.
- Euh...
T'es tellement expert que ça ?
- Non,
répondit-il en esquissant un sourire. Je sais juste que tu es très têtue. Et quand on est têtu, on arrive très souvent à ses fins.
- Des fois, le corps n
e suit pas, c'est trop pour lui.
- Pas cette fois, sin
on je ne serais pas ici, je t'ai déjà dit que je détestais perdre mon temps.
- Oka
y, je vais réessayer.
- Je
préfère ça,
se réjouit-il. »

La jeune fille prit sur
elle et refit une tentative. Elle poussa sur ses bras une deuxième fois. Ceux-ci tremblaient violemment sous la douleur immense mais elle s'accrocha à cette envie de réussir qui commençait à la gagner. Oui, vraiment, elle avait envide de s'asseoir. Elle ne voulait pas rester toute sa vie ici, immobile. Elle voulait se montrer qu'elle était capable de le faire, qu'elle pouvait y arriver seule. Si elle y arrivait, elle se prouverait qu'elle pouvait commencer sa rééducation, qu'elle aurait la force d'aller jusqu'au bout.
Ses bras tremblaient
trop fort, ils allaient bientôt céder. Mais la jeune fille ne voulait pas, elle voulait y arriver, le souhaitait de toutes ses forces. Les larmes d douleur se transformaient en larmes de rage.
Dans un rictus, la jeun
e fille poussa une dernière fois dans ses bras épuisés et, d'un mouvement de dos, qui lui scia celui-ci en deux, parvint à se mettre en position assise.
La douleu
r lui arracha de nouveau un cri mais cette fois-ci, c'est plutôt un cri de satisfaction. Elle avait réussit. Son dos la faisait souffrir horriblement mais elle avait réussit. Une vague de joyeuseté l'avait envahit et chassait la douleur ou plutôt, agissait comme un anti-douleur. Un sourire s'étala sur sa figure. Elle regarda Austin.
Lui aussi souriait
mais cette fois, encore plus que d'habitude. Elle voyait dans ses yeux qu'il était fier d'elle.

« - J'ai... J'ai réussit, balbutia-t-elle, un peu sonnée.
- J'ai vu ça, répondit Austin. Je t'avais dit que tu pouvais le faire.
- Je ne me serais
jamais crue capable.
- C'es
t toujours comme ça la première fois. »


La jeune fill
e regarda un instant Austin. Lui aussi avait-il vraiment souffert ? Il donnait l'impression d'en avoir garder aucune cicatrice intérieure mais pourtant, à chaque fois qu'il l'évoquait, un voile de tristesse passait sur son visage.

« - Pour toi aussi ça été comme ça ? osa-t-elle. Enfin, je veux dire...
- Oui, ça a été très d
ur au début,
la coupa-t-il, d'une voix assez dure.
- Je suis désolée, ça me regarde pas...
- C'est bien que t
u sois curieuse, ça t'aidera beaucoup.
- Si tu le dis.
»


Un silence pesant s'ins
talla entre les deux jeunes.
Lyssa se sentait un peu co
upable. Elle n'avait pas à se mêler de ce qui ne la regardait pas. De plus, Austin était là pour l'aider à redevenir autonome, rien d'autre. Il n'était pas là pour lui raconter son passé.
Ma
is le jeune homme ne semblait lui en vouloir et il avait retrouver son éternel sourire et ses yeux pétillaient de nouveau.

« - Bon alle
r,
dit-il. Prends ton petit-déjeuner, tu l'as bien mérité. »

Il se leva et lui a
pporta le plateau sur ses genoux.

« - Merci., dit-elle.
- Tu l'as mérité.
- Quand
est-ce qu'on commence ?
lui demanda-t-elle.
- Demain.
- Quoi ? Pourquoi pas aujo
urd'hui ? Je me sens prête.
- Non, je pense que tu as fait assez d'efforts pour aujourd'hui, tu crois pas ?
-
Si,
répondit-elle avec un sourire. »

La jeune fille
attaqua donc son petit-déjeuner de bon c½ur. Cette fois, elle avait retrouvé toute sa motivation qui la caractérisait avant son accident.
Elle voulait s'en sortir
.

# Posté le dimanche 13 avril 2008 09:47

Modifié le dimanche 27 avril 2008 13:40